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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 12:17

Si j’ai pu me procurer facilement sur Internet un texte exploitable de Guillén de Castro, ce fut impossible pour celui de Corneille.

Il y a bien le texte original sur Gallica, mais le format n’en facilite pas la lecture.

Voici ce qui, dans Las mocedades s’apparente aux stances de Rodrigue : « Percé jusques au fond du cœur etc… »

RODRIGO: Suspenso, de afligido,
estoy... Fortuna, ¿es cierto lo que veo?
¡Tan en mi daño ha sido
tu mudanza, que es tuya, y no la creo!
¿Posible pudo ser que permitiese
tu inclemencia que fuese
mi padre el ofendido? ¡Extraña pena!
¿Y el ofensor el padre de Jimena?
¿Qué haré, suerte atrevida,
si él es el alma que me dio la vida?
¿Que haré--¡terrible calma!—

si ella es la vida que me tiene el alma?
Mezclar quisiera, en confïanza tuya,
mi sangre con la suya,
¿y he de verter su sangre? ¡Brava pena!
¿Yo he de matar al padre de Jimena?
Mas ya ofende esta duda
al santo honor que mi opinión sustenta.
Razón es que sacuda
de amor el yugo y, la cerviz exenta,
acuda a lo que soy; que habiendo sido
mi padre el ofendido,
poco importa que fuese--¡amarga pena!
el ofensor el padre de Jimena.
¿Que imagino? Pues que tengo
más valor que pocos años,
para vengar a mi padre
matando al conde Lozano,
¿qué importa el bando temido
del poderoso contrario,
aunque tenga en las montañas
mil amigos asturianos?
¿Y qué importa que en la corte
del rey de León, Fernando,
sea su voto el primero,
y en guerra el mejor su brazo?
Todo es poco, todo es nada
en descuento de un agravio,
el primero que se ha hecho
a la sangre de Laín Calvo.
Daráme el cielo ventura,
si la tierra me da campo,
aunque es la primera vez
que doy el valor al brazo.
Llevaré esta espada vieja
de Mudarra el castellano,
aunque está bota y mohosa,
por la muerte de su amo;
y si le pierdo el respeto,
quiero que admita en descargo
del ceñírmela ofendido,
lo que la digo turbado.
Haz cuenta, valiente espada,
que otro Mudarra te ciñe,
y que con mi brazo riñe
por su honra maltratada.
Bien sé que te correrás
de venir a mi poder,
mas no te podrás correr
de verme echar paso atrás.
Tan fuerte como tu acero
me verás en campo armado;
segundo dueño has cobrado
tan bueno como el primero.
Pues cuando alguno me venza,
corrido del torpe hecho
hasta la cruz en mi pecho
te esconderé, de vergüenza.

Indubitablement, le « Ô Dieu ! L’étrange peine ! En cet affront mon père est l’offensé et l’offenseur le père de Chimène » du Rodrigue de Corneille ressemble fort à une traduction à peine adaptée des lignes 5 à 8 de la version espagnole :

¿Posible pudo ser que permitiese

tu inclemencia que fuese

mi padre el ofendido? ¡Extraña pena!

¿Y el ofensor el padre de Jimena?

Mais... faut voir de plus près!

(à suivre)

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 08:59

Je vous ai parlé ici la semaine dernière de ma découverte sur les rayons de ma bibliothèque d’un volume oublié de Théophile Gautier, un recueil de chroniques et de critiques.

Parmi ces dernières, celle du 24 Janvier 1842, à propos d’une représentation du CidRachel jouait Chimène, où Gautier s’étend sur les critiques dont Corneille fut la cible notamment de la part de Scudéry l’accusant de plagiat de l’œuvre de Guillén de Castro, m’a remis en mémoire les attaques récurrentes sur le même thème d’un commentateur du blog d’Assouline.

Tout cela a éveillé ma curiosité et m’a donné envie d’y aller voir.

Malheureusement, Guillén de Castro ne figure pas dans ma bibliothèque et Corneille, hormis l’Illusion Comique, pas davantage.

En attendant de remédier à cela,j’ai trouvé Las mocedades del Cid sur Internet—mes yeux préfèrent la lecture sur papier, mais « on fera avec »--.

Corneille plagiaire ? Faut voir !

(à suivre)

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 11:26

Avant d'en venir à Mérope, ou plutôt à Théophile Gautier parlant de Mérope, je vous propose la lecture de cet article trouvé ce matin sur un blog fort intéressant.

Je vous parlais l’autre jour de la découverte que je venais de faire d’un recueil d’articles écrits par Théophile Gautier ; plus précisément, j’évoquais un « feuilleton de théâtre » paru au Journal Officiel du 19 Juillet 1869.

Surpris dans un premier temps par la dénomination « feuilleton » pour ce qui m’apparaissait comme une critique théâtrale, tant pour nous un feuilleton est devenu synonyme de roman publié en plusieurs épisodes, j’ai rapidement admis que ce pouvait être tout type d’article paraissant régulièrement dans un périodique.

Un autre sujet d’étonnement fut que cela ait pu paraitre au Journal officiel.

Selon Wikipedia,à qui j’accorde ma confiance sur ce genre de sujet :

Le 7 nivôse an VIII (28 décembre 1799), un avis précise que Le Moniteur universel (sous-titre de La Gazette nationale, puis son titre à partir de 1811) devient le seul journal à caractère officiel. Seule sa première partie comporte les actes officiels du gouvernement et de l'Assemblée nationale, la seconde étant plus « classique », avec des rubriques littéraires, scientifiques et artistiques.
En janvier 1791, un décret crée un second journal : le Bulletin des lois. La loi du 14 frimaire an II (4 décembre 1793) en fait le recueil officiel des lois de la République. Il porte le sceau de l'État et la signature du ministre de la Justice.
Le Journal officiel apparaît en 1868 et un décret du 5 novembre 1870 lui donne le monopole de la publication des actes législatifs et réglementaires. Le Moniteur universel disparaît et le Bulletin des lois perd son monopole, mais l'existence de ce dernier n'est remise en cause qu'en 1931. Il est d'abord placé sous l'autorité du ministère de l'Intérieur et des Cultes.

Donc, en Juillet 1969, le Journal officiel qui remplaçait depuis peu le Moniteur universel présentait deux parties dont, comme dans son prédécesseur, «seule la première comportait les actes officiels du gouvernement et de l'Assemblée nationale, la seconde étant plus « classique », avec des rubriques littéraires, scientifiques et artistiques. »

Mais revenons à notre « feuilleton de théâtre » ou, si vous préférez, à la critique de la reprise à la Comédie-Française de Mérope, tragédie de Voltaire.

Cela commence ainsi :

L’Eté a retardé tant qu’il a pu son entrée sur le théâtre des saisons. En vain l’avertisseur faisant tinter sa sonnette, l’Eté ne se décidait pas à sortir de sa loge ; il a enfin pris sa résolution et on dirait qu’il a hâte de rattraper le temps perdu.

Suit une bonne page sur la nonchalance estivale avant d’effleurer le sujet :

L’on rentre pour dîner, et le sifflet du train qui passe éveille vos remords, mais ne vous détermine pas à aller voir Mérope à la Comédie-Française. Ce bon tyran Polyphonte a pourtant bien du charme, et cette tragédie est, à coup sûr, une des meilleures de Voltaire. Mais il fait si chaud : d’ailleurs, un critique de plus ou de moins ne changera rien à la chose.

Un paragraphe pour dire que… « l’excellente troupe » s’acquittera au mieux de sa tâche et qu’une critique supplémentaire reprenant « un de ces clichés recouverts depuis longtemps de poussière et de toiles d’araignées » n’est pas absolument nécessaire ...et Gautier de conclure :

De loin en loin l’on reprend une tragédie de Voltaire, ne fût-ce que pour justifier la présence au foyer de la Comédie-Française de cette admirable statue du patriarche de Ferney, par Houdon, d’une décrépitude si pleine de vie et d’immortalité.

Difficile de faire plus vachard, non ?

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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 07:36

Tandis que Charlotte essaie de reconstituer les origines de sa passion pour le théâtre, après avoir relayé ce texte glané aujourd'hui sur le site de l'UJFP, revenons à Avignon ou, plus exactement, à ce moment où, revenant d’Avignon, apercevant depuis l’autoroute la Cité de Carcassonne, je pensais « Mais que diable suis-je allé faire au Festival d’Avignon » pour réaliser ensuite que ce n’était certes pas la première fois que je me posais pareille question, que nous en étions généralement revenus déçus et que…

Et qu’il serait peut-être temps de tenter de répondre à cette satanée question…


Si je peux...

Oh ! Je sais !

Untel dira que la réponse n’intéresse que moi et qu’il est donc inutile de venir ici me répandre…

Tel autre prétendra que « poser la question c’est y répondre » , en d’autres termes que si, malgré des déceptions répétées, nous y sommes toujours retournés, c’est par snobisme pur…

Pas si simple !

Et d’abord, dirais-je à Tel autre, pourriez-vous me donner votre définition du snobisme ?

(à suivre)

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 07:33

On pourra lire avec profit

CECI

Pour des raisons de "genre", je laisse à Charlotte le soin de vous raconter ma--devrais-je dire notre?-- vocation théâtrale qui n'eut pas l'occasion d'aboutir et je continuerai ici de vous parler de mon expérience de spectateur de théâtre.

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 12:19

Si vous n’êtes pas né à la campagne, dans une vallée du bout du monde, dans les années 40, je parierais que vous ne comprendrez rien à ce que je me propose de vous conter…

Il y a eu d’abord le cinéma.

Mon père, projectionniste ambulant, faisait une tournée hebdomadaire dans les villages des environs et me prenait avec lui, quand ma mère m’autorisait à voir le film de la semaine, pour la séance du Dimanche à S…, la seule séance « en matinée ».

Pendant les vacances scolaires, j’avais droit à la séance du Lundi soir qui se donnait chez nous dans l’ancienne grange aménagée en salle de spectacle.

Sans le savoir, peu à peu, je suis devenu cinéphile.

Les premières séances—j’avais huit ou neuf ans-- ont suscité mes premières vocations, celle de pirate dans les Caraïbes puis celle de cow-boy.

Vocations rapidement contrariées…

Les adultes sont sans pitié…

Puis j’ai rêvé de devenir « vedette de cinéma », star si vous préférez…

On m’a dit que ce serait difficile, mais on ne m’a pas définitivement découragé.

Entre-temps, j’avais découvert Cyrano de Bergerac, puis l’Aiglon

Je venais de découvrir le théâtre.

( à suivre)

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 12:55

Vendredi dernier, retournant d’Avignon, à cet endroit de l’autoroute où l’on découvre la Cité de Carcassonne, je me souviens d’avoir pensé : « Mais qu’est-ce que je suis encore allé faire au festival d’Avignon ? »

Tiens !

Cela me rappelle que nous ne sommes allés qu’une fois au festival de Carcassonne et pourtant c’est la porte à côté ou presque…

Je serais même incapable de vous dire si le festival de Carcassonne existe encore…

C’était en 65 ou 66.

Nous avions encore la R8 achetée en Février ou Mars 65 ; l’été 67, nous roulions en R16…

C’était donc l’été 65 ou l’été 66.

Nous avons vu Zoo de Vercors avec Claude Piéplu, la voix des Schadoks.

Disons plutôt que nous avons presque vu Zoo de Vercors. Au milieu de la représentation, l’orage qui menaçait depuis le début de la soirée a éclaté sur nos têtes...

Le spectacle se donnait évidemment en plein air.

Pour revenir à ce qui passait par ma tête sur l’autoroute aux abords de Carcassonne, je dois avouer que ce n’était pas la première fois que, retournant d’Avignon, je me posais la question :

« Mais qu’est-ce que je suis encore allé faire au festival d’Avignon ? »

Il faudra décidément que je vous parle de mes relations difficiles avec le théâtre en général et avec Avignon en particuliers.

« Et Pierre Bayard dans tout ça ? » réclamera peut-être mon vieil ami Dino…

Je pense y revenir, par le chemin des écoliers peut-être…

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