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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 13:02

Je vous ai déjà parlé de ma voisine Coraline.

 

Vous vous rappelez peut-être notre différent sur l’opportunité du slogan Je suis Charlie

 

Après un temps de froid, j’ai peu à peu renoué avec son mari qui m’est plutôt sympathique, puis, ce qui fut plus difficile, nous avons plus ou moins réconcilié nos épouses.

Paix fragile.

Paix armée.

Mieux que rien.

L’autre soir, nous avions invité quelques voisins parmi lesquels  Jean-Claude et, comme l’un ne va pas sans l’autre, Coraline.

Le repas préparé par Zoé, les boissons, tout semblait réussi quand Jean-Paul qui, contrairement à son habitude, se taisait depuis le début de la soirée nous a brutalement annoncé que c’était peut-être sa dernière soirée en notre compagnie car, gravement cardiaque, il allait subir une transplantation  dans les semaines à venir.

Inutile de dire que la nouvelle  jeta un froid sur notre groupe.

Gêne, tentatives plus ou moins maladroites de réconfort, tout ce que l’on peut trouver de phrases convenues au chevet d’un malade y passa

L’un d’entre nous faisant remarquer qu’il n’y avait pas à s’inquiéter, la transplantation cardiaque étant devenue une opération de routine, Coraline a bondi.

Une soirée gachée

« Une opération de routine ! Comment peut-on dire ça !... »

 

Et de développer le chemin de croix d’une de ses connaissances dans les hôpitaux…

La soirée virait au glacial.

Que dire de plus ?

 

Sous un prétexte quelconque, Jean-Claude a entrainé sa « moitié » dans une retraite précipitée sous le regard narquois de Charlotte.

Les autres sont restés encore un peu mais le cœur n’y était plus.

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Published by bergeret - dans Coraline fiction
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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 09:39

« C’était bien la manifestation avec les huiles ? » avait laissé tomber Charlotte probablement sous l’effet du Madiran.

Charlotte nous entrainait vers le cataclysme immortalisé par Caran d’Ache au temps de l’Affaire.

un truc comme ça...

un truc comme ça...

Coraline a bondi.

Ce n’était plus la « charmante Coraline », c’était une Furie, c’était Mégère elle-même remontée des Enfers…

celle du milieu, celle qui "gueule" sur Oreste... Vous voyez?

celle du milieu, celle qui "gueule" sur Oreste... Vous voyez?

Hélas !

Charlotte n’est pas Oreste !

Charlotte n’allait pas s’enfuir ni boucher ses oreilles !

Charlotte a fait face.

Connaissant Charlotte, je suis sorti prendre l’air sur la terrasse.

Jean-Claude m’a suivi.

Zoé nous a rejoints avec des verres, la bouteille d’Armagnac et nos parkas (n’oublions pas que cela se passait un 13 Janvier)

« Ça chauffe là-dedans » a dit Zoé.

« Sûr » a confirmé Jean-Claude.

Nous percevions sinon les arguments de la discussion, du moins « le bruit et la fureur »…

J’ai entrebâillé la porte-fenêtre pour mieux entendre.

« Ça monte dans les tours ! » a apprécié Jean-Claude.

On peut dire que ça montait en effet…

Ouvrons ici une parenthèse.

Le repas (suite) (Coraline EST Charlie : épisode XI)

Mon dico de synonymes favori donne pour l’entrée « hurler » : aboyer, beugler, brailler, bramer, chanter, clamer, crier, fulminer, glapir, gronder, gueuler (fam.), hennir, injurier, jurer, mugir, pleurer, rugir, s'égosiller, s'époumoner, se heurter, tempêter, tonitruer, trancher, vociférer, émettre

Si on excepte émettre et chanter, peu appropriés à mon propos, c’était bien un mélange à parts à peu près égales de tout cela.

Fermons la parenthèse.

Le repas (suite) (Coraline EST Charlie : épisode XI)

Ça montait, ça chauffait,…

Ça bardait, ça s’enflammait, ça s’exaltait, ça s’excitait, …

Dites-le comme bon vous semble.

Les hostilités étaient ouvertes, nos relations de voisinage irrémédiablement compromises dans le temps même où Jean-Claude et moi commencions à sympathiser.

Si nous entendions un peu mieux depuis que j’avais ouvert, les arguments échangés ne nous parvenaient pas toujours distinctement.

Ce que j’en ai retenu ne peut donc être que ce qui reste sept mois plus tard de mots réellement perçus interprétés à la lumière de ma propre connaissance, réelle ou supposée, des convictions et des caractères des deux protagonistes.

Je n’essaierai pas de reconstituer leur dialogue, ce qui serait fatalement inexact.

Il me semble plus approprié d’écrire quelque chose dans ce gout-ci :

Comme toujours en pareil cas, les adversaires lançaient leurs arguments, toujours les mêmes, inlassablement répétés, dans un premier temps en se renvoyant la balle comme sur un court de tennis puis, s’échauffant, ….

Le paragraphe qui précède dument complété (description de l’accélération des échanges et aperçu des arguments échangés) devrait constituer le prochain épisode de notre feuilleton.

(à suivre donc)

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 08:18

Ici Riquet

Vous vous souvenez?

Nous nous sommes déjà rencontrés dans les premiers temps de ce blog.

Ici, je voulais insérer une de mes photos--entendez : une photo qui me représente--.

Hélas! Impossible de mettre la patte dessus...

Mais ... Cessons de parler de moi et venons au sujet.

Lucien m'a chargé de vous dire qu'il travaille à la suite du repas chez les Bergeret.

Vous vous souvenez?

Coraline et Jean-Claude.

La poule au pot de la grand-mère de Zoé.

Charlotte qui vient de lancer la phrase qui tue...

Il semblerait que Jean-Claude, Lucien et Zoé, réfugiés sur la terrasse avec Armagnac et vêtements chauds de saison(La scène se passe début Janvier, juste après le fameux "esprit du 11 Janvier", vous vous souvenez?), perçoivent des bribes de l'algarade Charlotte-Coraline.

L'auteur hésite.

Bottera-t-il en touche en faisant reprendre la cigarette à Lucien qui ne fume plus depuis le 26 Juin 2003 et en se lançant dans une digression sur le tabac, ses avantages et ses inconvénients?

Ici une parenthèse :

(Lucien me dit qu'il a encore rêvé cette nuit qu'il s'était remis à fumer : rêve récurrent précise-t-il)

Fera-t-il entendre des phrases entières, des bribes de phrases, des mots isolés?

Entendra-t-on "en boucle" les mêmes arguments ressassés sous des formes différentes, comme dans la plupart des querelles ordinaires?

Probablement.

Bref, Lucien patauge.

Il me demande de classer cet article dans la rubrique Voici pourquoi je n'écrirai jamais.

Mais vous aurez, malgré tout, prochainement la suite des aventures de Coraline.

"Et la suite de "Mon ami Pierrot" c'est pour quand?" demanderez-vous peut-être.

Patience! Chaque chose en son temps, comme disait probablement la grand-mère de Lucien.

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 18:16

Zoé ayant dé-fi-ni-ti-ve-ment renoncé à donner sa recette, je reprends…

C’était le 12 Janvier 2015. Zoé, rentrée de ses courses matinales, s’installait à la cuisine. Charlotte, m’abandonnant aux bras de Morphée—notons que c’est la première fois de ma vie que je place ces bras-là dans la conversation--, était partie marcher.

Je me suis levé très tard; la poule de Zoé était déjà dans le pot, Charlotte, rentrée de sa longue promenade, sortait les rouleaux de pate brisée du congélateur.

Mon activité de ce jour-là ?

« Bloguenaudouillage » intensif

Petit coup d’œil à la cave pour m’assurer que les boissons seraient à la hauteur.

Epluchage de quelques pommes pour les tartes de Charlotte.

Mon souvenir de la journée ? Des odeurs.

Il y a eu une grande partie de l’après-midi celle du bouillon de volaille et plus tard les tartes et le pain en train de cuire.

Le Mardi 13 Janvier, comme convenu, Coraline et Jean-Claude sont venus partager notre repas « à la bonne franquette ».

Congratulations normales. Tout allait bien.

Apéritif « dans la note » : pousse-rapière et canapés au foie gras. Bonne ambiance.

Je commençais à me détendre.

Nous sommes passés à table.

Le « consommé au porto » fit l’unanimité.

La suite me fit, une fois de plus, applaudir in petto Zoé : son idée de la poule farcie était tout bonnement géniale : nous tenions là le sujet de conversation idéal.

Oui, c’était une recette du Sud-ouest, pour autant que nous sachions, mais il existait certainement plus d’une version de cette recette.

Non ! Ce n’était probablement pas la poule au pot d’Henry IV !

« En fait—c’est Zoé qui raconte—cette recette c’est une sorte de reconstitution : cela doit faire une trentaine d’années que j’ai eu envie de retrouver la poule farcie que nous faisait Mamette, notre grand-mère maternelle. Nous n’avons pas dû en manger bien souvent ; elle ne devait en faire qu’une fois par an et elle a cessé d’en préparer alors que nous étions bien jeunes, nous devions avoir dix ans tout au plus… J’avais oublié puis, dans les années 80, un restau s’est ouvert à Toulouse qui proposait des spécialités gasconnes et, un soir, j’y ai commandé leur « poule farcie » qui m’évoquait tout à coup ma grand-mère… Ce fut une déception… Cela ne ressemblait pas à mon souvenir… C’est alors que j’ai entrepris de retrouver la recette. Il faut dire que, toute petite, j’adorais observer Mamette quand elle « faisait de la cuisine ». J’ai retrouvé les ingrédients de la farce : le foie, le cœur, le gésier de la poule, les œufs qu’elle trouvait parfois à l’intérieur de l’animal, le pain rassis trempé dans le lait, l’ail et le persil, la ventrèche—très importante la ventrèche--… J’ai eu beaucoup de déceptions avant d’obtenir ce que vous mangez ce soir, qui semble vous plaire mais qui n’est pas vraiment--n’est-ce pas, Lucien ?—la poule farcie de notre enfance… »

Et Zoé a continué de parler de Mamette, des poulets qu’elle tuait presque chaque Samedi pour le repas du Dimanche, du poulailler si curieusement perché, de la vieille maison que nous n’avons jamais revue, qu’il nous est devenu impossible de revoir…

Alors chacun a pu évoquer un souvenir d’enfance définitivement perdu…

La conversation était générale, consensuelle, tout était au mieux.

Je respirais de mieux en mieux.

Plus tard, Charlotte a servi sa tarte aux prunes qui était une parfaite réussite.

Tout était parfait.

Coraline était charmante…

J’étais parfaitement détendu, le danger semblait écarté ; c’est alors qu’il a surgi d’où on ne l’attendait pas.

« Alors, c’était comment la manifestation avec les huiles ? »

Effet du Madiran?

Charlotte déterrait la hache de guerre.

(à suivre)

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 16:04

Lucien se proposait d’écrire le compte-rendu de la journée du 12 Janvier 2015 quand, empêché par un mauvais rhume qui tournait en bronchite, il me demanda de le remplacer car, après tout, l’essentiel de la journée avait été employé à l’élaboration de la célèbre Poule au Pot de Zoé.

Ce matin-là, je me suis levée de très bonne heure pour aller quérir la volaille commandée quelques jours auparavant à mon fournisseur, une ferme du Gers, à 97 kilomètres de chez nous, une heure trente de trajet à condition de passer avant les embouteillages du matin sur la rocade ; fort heureusement, nous n’avions pas un temps à verglas.

Il était près de midi quand je suis rentrée.

Lucien n’était pas encore levé.

Charlotte était sortie.

Si vous avez fréquenté les bancs de l’Ecole de la République avant les années 60, vous savez tout sur le panache blanc d’Henri IV, le panache auquel il convenait de se rallier et qui « vous mènera toujours au chemin de l’Honneur », vous connaissez la date tragique 1610 aussi inévitablement que celle de Marignan, vous savez que le bon roi était un papa-gâteau qui n’hésitait pas à tenir le rôle du cheval pour amuser ses enfants, vous savez tout cela et, par-dessus tout, vous savez qu’il voulait que tous les français pussent ...

mettre la poule au pot le dimanche

Quand on me parla pour la première fois de la Poule au Pot du roi Henri, je ne reconnus en aucune façon l’incomparable poule farcie que ma grand-mère nous cuisinait une ou deux fois l’hiver quand une de ses pondeuses avait atteint l’âge de la retraite.

Non !

Pour moi c’était « La Poule au Pot », une espèce de petite papillote de papier « or » qui, contenait un « résidu sec » qui, mélangé à la quantité convenable d’eau bouillante, donnait un excellent bouillon de volaille, la version « à la volaille » de l’indispensable bouillon KUB, les ancêtres de ce que vous pouvez encore trouver dans la marque MAGGI.

Trêve de digressions—voilà que je digresse comme Lucien--.

Demain, je vous parle de ma recette de poule farcie et de quelques menus détails.

Mais où était passée Charlotte ?

(à suivre)

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 12:21

Le 11 Janvier, nous ne sommes pas sortis.

J’ai passé la journée sur Internet.

L’article d’Assouline était toujours celui du 8 Janvier; ses commentateurs ferraillaient, les annonciateurs de l’Apocalypse, islamophobes et soutiens inconditionnels de la politique israélienne, s’opposant à ceux qu’ils appellent « bisounours ».

Bref. Rien de très neuf.

Notons quand même une fidélité inhabituelle au sujet du billet.

C’est ce jour-là que j’ai trouvé cet article qui était assez proche de mes opinions.

Dans l’après-midi, sur le site UJFP, j’ai trouvé un article intitulé TROIS BOURREAUX DU PEUPLE PALESTINIEN A PARIS LE 11 JANVIER : QUELLE HONTE !

J’ai crié à Zoé et Charlotte :

«Heureusement que nous n’y sommes pas allés ! Ils vont manifester avec Netanyahu ! »

J’ai appelé Jean-Claude pour leur signaler qu’ils manifesteraient avec « Bibi ».

Il me répondit que, même si cela le gênait un peu, cela n’entamait en rien sa décision d’y aller.

« Je ne pense pas avoir à lui serrer la main, n’est-ce pas ? Alors ! Qu’importe ! Coraline ne supporterait pas de ne pas en être ! »

Le soir nous avons eu un aperçu de la manif à la télé.

Que croyez-vous que nous avons vu ?

à peu près ça...

à peu près ça...

Ensuite, Hollande, kippa sur la tête, accompagnant Netanyahu à la synagogue…

Là, j’ai craqué. Le président d’un Etat laïque assistant à une manifestation religieuse c’est plus que je n’en peux supporter…

Je n’ai donc pas vu la suite.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 08:40

Suites d'une gueule de bois ou Une soirée presque ordinaire

J’ai entendu Charlotte rentrer et monter aussitôt dans notre chambre.

Après un instant d’hésitation, me disant que Zoé pourrait bien avoir raison, j’ai pris les fleurs, j’ai fait de mon mieux pour avoir l’air décontracté--c’est fou ce qu’on peut avoir l’air con avec un bouquet de fleurs à la main quand on n’en a pas l’habitude—et je me suis lancé, c’est-à-dire que je suis monté rejoindre Charlotte.

La suite ? Zoé avait raison. Je ne m’en étonnai pas : Zoé a toujours raison.

Charlotte a reçu les fleurs avec l’air de « se payer ma gueule »--que ce soit bien clair, Charlotte n’est pas une midinette—mais Charlotte s’est précipitée à la recherche d’un vase pour les fleurs.

Zoé avait raison : je suis un sombre crétin.

Ensuite ?

Charlotte a parlé, beaucoup et longtemps.

Elle n’avait pas aimé, mais alors pas du tout, ma « drague éhontée » à Coraline… Mais non! Il n’y avait rien eu, pas l’ombre de ça, entre elle et Jean-Claude. Qu’est-ce que j’allais chercher! Ils avaient sympathisé… nada mas !... Mais, bon! Après tout, j’avais peut-être raison… elle s’était un peu « monté le bourrichon » toute seule pendant la nuit… (je passe les rappels du passé, les répétitions multiples, pour ne garder que le fond du discours de Charlotte)

Et puis ?

Et puis nous nous sommes réconciliés.

Ah ! Zoé ! Que serais-je sans toi ?

Le lendemain fut le 11 Janvier 2015. Journée historique? J’en doute mais il est un peu tôt pour le dire.

(à suivre)

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 12:50

Gueule de bois chez les Bergeret

Le Samedi 10 Janvier, j’ai dormi jusqu’à midi.

Quand je suis descendu, Charlotte reposait son bol de café au lait sur la table de la cuisine.

Comme chaque matin depuis plus de cinquante ans j’allai l’embrasser; elle me repoussa. Charlotte «faisait la gueule» ; elle boudait si vous préférez.

J’interrogeai du regard Zoé qui me répondit par la moue qui chez elle traduit la perplexité…

Quelle mouche avait piqué Charlotte pendant la nuit ? Je ne m’en inquiétais pas outre mesure, assuré de connaitre le fin mot de l’histoire avant la fin de la journée… J’allai préparer mon tidéj’. Passant derrière ma sœur occupée à préparer une liste de courses, je pus lire «ventrèche fumée ».

Moi—Pour La Poule au Pot ?

Zoé—Oui ! Je n’arrive pas à me rappeler si Mamette exigeait que la ventrèche soit fumée ou, au contraire, l’interdisait… Tu t’en souviens ?

Moi—Je me souviens d’un truc comme ça mais, fumée pas fumée, là tu m’en demandes trop. C’est pour le repas avec les voisins ?

Zoé—Oui ! J’ai eu Jean-Claude au téléphone. C’est lui qui a appelé pour s’assurer qu’il avait bien compris ton invitation… Vous étiez un peu dans le vague… Je suppose qu’ils ne valaient pas mieux… Il voulait savoir avant de partir. Ils reviennent Lundi matin par le train de nuit…. Nous avons confirmé Mardi ; ça leur va, ça me va, cette nuit ç’avait l’air de vous aller… J’ai réservé une grosse poule pour Lundi matin. J’avais raison, c’est le bon moment ; on en trouve facilement.

Moi—Lundi, ce n’est pas un peu juste ?

Zoé—C’est parfait au contraire. Lundi après-midi, je farcis et je cuis, dans un bouillon de légume judicieusement assaisonné, la volaille que j’aurai tout le temps de mettre au four Mardi. Ainsi terminera-t-elle en temps et en heure une cuisson améliorée pendant que je préparerai le « consommé » selon la recette que tu connais…

Moi—Pour le dessert ?

Zoé—Je compte sur la tarte de Charlotte…

……………………………

Charlotte sort en sifflotant.

Zoé—Bof ! Ça lui passera ! Elle nous la fera sa tarte aux prunes… Qu’est-ce qui lui prend ? Elle semblait contente hier soir ! Il s’est passé quelque chose cette nuit ?

Moi—Pas que je sache !... Hier soir, elle a avait l’air au mieux avec le voisin, mais pas de quoi fouetter un chat… et d’ailleurs je ne crois pas lui avoir fait de reproches…

Nous avons entendu partir la voiture de Charlotte. Décidément, Charlotte « tirait sa gueule ».

Mon après-midi s’est passé en « bloguenaudouillages »…

Il n’était guère question que des attentats et de la marche républicaine

Chez Edel, je découvris un critique littéraire : Philippe Lançon et un dessin de Wolinski publié le 7 en hommage discret.

Chez Assouline, c’était toujours l’article de circonstance daté du 7, titré « Nous sommes Charlie » : derrière une photo de Charb présentant, après un précédent attentat, devant les anciens locaux dévastés de Charlie la caricature incriminée, une sélection sans commentaire de dessins rendant hommage aux caricaturistes assassinés.

Des commentaires je retiendrai celui-ci qui me laissa pantois :

J’étais tellement sous le choc que je voulais écrire partout. Sur tout internet, à tous mes potes, sur tous les murs. J’aurais écrit mon soutien à Charlie jusque sur le mur des chiottes…
Et c’est un peu ce que j’ai fait, en venant ici. Vous m’excuserez : c’était l’émotion, vous dis-je.
Parce que nous sommes tous Charlie, c’est entendu, mais enfin, Clopin et moi, un tout petit peu plus que les autres, enfin il me semble.
Et puis en fait, je n’ai vraiment plus envie d’écrire sur le « mur de chiottes » que ce blog est devenu, mille excuses à son hôte que je respecte et admire toujours, m’enfin, faut de temps en temps dire la vérité. Une fois par semaine, tenez. Et sous forme de dessins d’humeur et d’humour, ça me conviendrait parfaitement.
Je file respirer dehors : ça sentira toujours moins mauvais qu’ici.

J’aurais volontiers commenté ce commentaire mais d’autres l’avaient fait avant moi et cela me parut suffisant.

La nuit commençait à tomber quand Zoé, courses faites, est rentrée ; elle posa ses achats sur la table de la cuisine avant de me rejoindre dans mon bureau.

Zoé—Charlotte n’est pas revenue ? Je n’ai pas vu sa voiture.

Moi—Je commence à m’inquiéter un tout petit peu. Je ne l’imagine pas retournant chez sa mère…J’espère qu’elle n’est pas allée à Toulouse, la circulation doit être infernale aujourd’hui. Je n’aime pas l’imaginer sur la rocade quand elle est énervée…

Zoé—Je pense plutôt qu’elle est allée marcher… Je t’ai porté un argument de réconciliation…

Zoé exhibe un magnifique bouquet de fleurs.

Moi—Tu n’as rien trouvé de plus convenu, de plus ringard ? Tu connais Charlotte ! Elle va me rire au nez !

Zoé—Décidément, tu es un crétin, mon frère ! Bon ! Je te laisse les fleurs ; tu en fais ce que tu veux !

Comme Zoé, un peu piquée, sortait de mon bureau, on entendit la voiture de Charlotte qui rentrait.

(à suivre)

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 08:55

Apéro chez Coraline (suite et fin)

Après ce que je n’hésiterai pas à appeler "l’appel à la manif par le président de la République lui-même", nous étions tous un peu secoués. Certes, nous nous étions plus ou moins attendus à une récupération politicienne—notez bien que je ne dis pas politique—de l’émotion suscitée par l’actualité, mais ça !…

Une tournée de Ti’Punch s’imposait.

Après le Ti’Punch, nous avons reparlé de l’intervention présidentielle, mais, un peu par le jeu normal de la mémoire, beaucoup par l’alcool, tout devenait un peu flou, nous n’étions pas sûrs--« mais non, voyons ! Il ne peut pas avoir dit ça ! »--.

Heureusement, Coraline avait pensé à enregistrer. Nous avons donc pu vérifier….

Il l’avait bien dit.

Pour nous remettre, Jean-Claude a proposé une autre tournée de Ti’Punch, proposition acceptée à l’unanimité et avec enthousiasme—celui, inhabituel, de Charlotte m’inquiétait un tout petit peu mais bon ! –

Je me sentais bien ! Ces gens étaient sympas somme toute !

Coraline a sorti d’on-ne-sait-où un assortiment de petits fours magnifiques. « Pas de bon repas sans dessert ! » a-t-elle dit

Nous avons bu, nous avons savouré les petits fours de Coraline et, les dernières défenses tombées, nous avons cessé de « tourner autour du pot » pour enfin parler de ce qui nous réunissait ce soir-là.

Je me suis lancé : « Vois-tu Coraline, nous savons que « Tu es Charlie » ; tu l’as proclamé haut et fort. Charlotte t’a déjà plus ou moins exposé nos réticences; je confirme que nous ne sommes pas Charlie »

Je ne suis pas absolument sûr d’avoir été aussi clair et concis—sacré rhum de la Martinique !--, mais je ne crois pas trahir le fond de mon discours.

Je revois clairement l’air inquiet de Jean-Claude qui n’avait pas encore tout à fait « perdu les pédales ».

Eh bien ! Coraline qui aurait dû « partir au quart de tour » n’a pas réagi—bienheureux rhum de la Martinique! ».

J’ai donc continué … Je crois que je parlais surtout pour moi-même…

J’ai parlé de ma découverte de Hara-Kiri dans les années 60. Je leur ai confié que je confonds peut-être les premiers numéros de Hara-Kiri et l’Os à moelle de Pierre Dac, je ne sais plus très bien… Charlotte m’a rappelé que l’Os à moelle a reparu l’année de notre mariage et Hara-Kiri quand nous étions en prépa mais que ma confusion s’expliquait peut-être par le fait que dans les deux cas nous étions à la terrasse du café Albert, notre quartier général de l’époque… Charlotte a probablement raison…

J’ai dit que nous avions depuis longtemps oublié l’existence de ces publications quand le « Bal Tragique à Colombey » en Novembre 70 avait amené Hara-Kiri au premier rang de l’actualité et que nous avions fait partie des acheteurs réguliers dès le premier numéro de Charlie-Hebdo et cela jusqu’en… je dirais, à vue de nez, 1978.

« J’ai eu l’occasion beaucoup plus tard, en 2002 je pense, de lire un numéro récent de Charlie, en particuliers l’éditorial d’un certain Val dont je n’avais jamais rien lu, dont je n’avais même jamais entendu parler et je n’ai pas aimé, mais alors pas du tout, ce que j’ai lu : c’était, en bref, la thèse antisionisme=antisémitisme que je m’étais déjà plusieurs fois fait envoyer dans la figure par des collègues de travail anti-palestiniens. Par ailleurs, ce que j’ai pu voir des caricatures reprochées à cette publication ne me fait pas rire et me parait effectivement de nature à blesser une partie de la population française et plutôt qu’une revendication du droit de tout dire je ne puis m’empêcher d’y voir une manifestation du racisme ordinaire. Tout cela ne fait pas de moi un farouche défenseur de la ligne éditoriale de Charlie comme vous le comprenez sans doute. Je ne peux pas me reconnaitre dans ton slogan. Non !

JE NE SUIS PAS CHARLIE!

Être ou ne pas être Charlie, est-ce bien la question d’ailleurs? Tiens ! C’est le titre d’un article que j’ai lu cet après-midi sur le site de l’UJFP. Vous connaissez l’UJFP ? Je vous recommande leur site!

Non ! La question—tu vas dire que je me répète-- c’est… CONTRE QUOI mais surtout AVEC QUI.

Tiens ! À propos de « avec qui », je lisais tout à l’heure un blog associé à Médiapart : une française musulmane qui se considère sommée par un collègue--non musulman évidemment—de se déclarer, de choisir son camp en quelque sorte…

Non! La bonne question ce serait POURQUOI en est-on arrivé là ? Tu conviendras que sur cette question, si elle est posée, nous entendrons les réponses les plus diverses et, parmi elles, de fort déplaisantes, mais je crains que nous n’entendions que très peu ou très bas que nous sommes en train de payer des années de colonialisme, de soutien presque ininterrompu à l’état d’Israël, de discrimination—c’est le moins que je puisse dire—d’une partie de la population française... »

Ai-je vraiment prononcé tout cela ? Ai-je rêvé que je parlais et que Coraline buvait mes paroles ? Je ne sais si ma vue brouillait un peu les lignes, si c’était la lumière douce ou l’effet de l’alcool qui illuminait son visage, Coraline me paraissait délicieuse…

Vous l’aurez compris, la dernière partie de cette soirée demeure floue pour moi.

Je crois que nous baignions tous dans une bienheureuse euphorie.

Qui a donné le signal de la séparation ? Cela reste un mystère.

Je me rappelle vaguement avoir pris congé de nos hôtes et les avoir invités à venir partager notre repas «à la bonne franquette un de ces soirs »

Il était bien minuit quand nous sommes rentrés chez nous, « ronds comme des queues de pelle ». Zoé nous attendait, un peu inquiète :

« Il était long votre apéritif ! Je commençais à me demander ce que vous deveniez! J’étais sur le point d’aller voir !

--Finalement, ils nous ont servi un véritable repas, rhum et « amuse-gueules » du tonnerre, et puis on a papoté et voilà… Tu aurais dû venir ! C’était plutôt sympa… Sérieux ! Ils gagnent à être connus, ces gens…Au fait, Lucien les a invités pour un repas «à la bonne franquette» Mardi soir…

--Hop ! Allez vous coucher ! Vous ne tenez pas debout ! Demain, je les appellerai pour confirmer l’invitation ; dans l’état où je vous vois, vous pourriez avoir inventé ou, pire, vous tromper de date… Je ferai la Poule farcie de Mamette ... C’est un plat de saison, un plat « à la bonne franquette » et un plat de chez nous. Ce sera bien…»

La poule farcie de Zoé ! Parfait !

(à suivre)

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 08:50

Apéro chez Coraline (suite)

Nous buvions, nous mangions.

Le Ti’Punch de Jean-Claude était irréprochable, les préparations de Coraline exceptionnelles.

Je me rappelle en particuliers un mélange crémeux, extraordinaire, probablement à base de fromage blanc, d’une onctuosité…, d’une finesse…, une merveille!

Tiens! Cela ressemblait aux blanquettes de ma grand-mère!

Je n’ai pas dit que cela avait un gout de blanquette, mais je retrouvais l’impression de perfection insurpassable, l’accord des arômes, la douceur de la texture…

Nous mangions, nous buvions et nous parlions. N’allez pas croire que la discussion roulait sur les seuls attentats ! Jean-Claude semblait, au moins autant que moi, soucieux d’éviter les sujets de discorde.

Ce furent plutôt bavardages à bâtons rompus à propos de tout et de rien.

J’ouvris le ban avec le magnifique lapin venu squatter notre terrain. Je jouais sur du velours, nos hôtes étant, comme nous ne l’ignorions pas, des amis des bêtes confirmés.

Notre lapin étant d’évidence un animal de compagnie évadé ou abandonné, nous pûmes gloser longuement sur l’irresponsabilité des gens qui adoptent un animal pour l’abandonner quand il devient encombrant, sujet en or qui fait l’unanimité—à se demander d’ailleurs qui peuvent être ces gens qui abandonnent leur animal--.

Un instant il me sembla que Coraline qui se vante souvent d’avoir la confiance des animaux était un peu jalouse de n’avoir pas été choisie par notre lapin, mais cela ne dura qu’un instant.

Le lapin nous occupa donc un long moment.

Des animaux abandonnés, on passa aux espèces considérées comme nuisibles.

Charlotte évoqua alors le martin-pêcheur aperçu sur la Rigole de la Plaine en Février 2012, le seul qu’elle ait vu de sa vie et que nous n’avons jamais revu.

Jean-Claude qui est passionné d’ornithologie parla longuement et de façon fort intéressante des mœurs de ce petit oiseau ; au passage, il s’étonna qu’il ait pu en rester un sur la Rigole, le raclage fréquent des berges lui paraissant peu propice à son implantation.

Nous étions arrivés aux alentours de six heures, il devait en être sept quand Coraline proposa de prendre les infos à la télé. Elle avait entendu parler d’une probable intervention de François Hollande.

Charlotte appuyant l’idée, elles passèrent dans la pièce réservée au téléviseur, une petite pièce adjacente au salon où nous nous trouvions.

Je restai dans le salon avec Jean-Claude qui nous servit une nouvelle dose de Ti’Punch.

« On prévoit un rassemblement Dimanche à Paris. Je suppose que nous en aurons également un à Toulouse le Samedi. Nous prévoyons d’être de la manif à Toulouse et de prendre le train de nuit pour être le lendemain à Paris. Coraline a déjà réservé quatre billets. Ça vous intéresse ? »

Voilà. Le sujet était abordé. Avec Jean-Claude, cela ne me gênait pas ; je savais la discussion possible.

Je n’hésitai pas à lui parler de nos réticences devant la singulière unanimité, devant l’Union sacrée qui n’allait pas manquer de suivre ; j’évoquai les récupérations probables ; je parlai des ambigüités des formules à l’emporte-pièce…

« Les slogans ! Je m’en méfie toujours ; en particuliers ce « Je suis Charlie », lancé par on-ne-sait-qui, qui se transforme parfois en « Nous sommes Charlie » ce qui m’évoque irrésistiblement le « Nous sommes tous des juifs allemands » du temps où nous défendions le Cohn-Bendit première époque, ce qui, tu en conviendras, ne correspondait absolument pas au même contexte ; nous nous battions alors contre le Pouvoir mais aujourd’hui qui est l’adversaire ? Certainement pas le Pouvoir ! Alors qui ? Les français musulmans ? C’est là, vois-tu, que le bât me blesse… Je crois qu’il faut se demander Contre Quoi ? Contre Qui ? mais surtout Avec Qui ?»

Nous en étions à peu près là quand nous avons entendu :

« Je serai avec eux, au grand rassemblement de dimanche. J'appelle toutes les Françaises et les Français à se lever, ensemble ».

Nous nous sommes précipités vers la télé. C’était bien le président de la République qui venait d’appeler à la manif.

Moi --Eh bien ! Ce n’est pas ce qui va me décider à en être !

Jean-Claude --Vu comme ça, évidemment…

Charlotte –C’est parti, la récup !

Coraline –Ça ne change rien pour moi. Pas question de se croiser les bras !

(à suivre)

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