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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 12:06

Je vous ai déjà parlé des monstres fantasques que m’a engendré la relecture—il serait plus exact de dire le survol et même le survol rapide—du Comment parler des Livres… de Pierre Bayard ; parmi ces monstres, en bonne place, je trouve mon rapport au contenu de ma bibliothèque.

Puis-je dire que j'ai lu tous ces livres ?

À la notable exception d’une dizaine que j’ouvre périodiquement pour les refermer au bout de quelques pages, si lire un livre c’est, comme il est généralement admis, le parcourir de la première à la dernière page en comprenant les phrases lues—ou si vous préférez en leur donnant un sens--, oui je les ai lus.

Bayard les tiendrait au mieux pour parcourus.

Pour lui il n’y peut avoir que des livres inconnus, des livres parcourus, des livres évoqués c’est-à-dire dont on a entendu parler et des livres oubliés…

Je me suis lancé un défi à moi-même : sans ouvrir le livre concerné, sans recherche de documentation Internet, écrire quelques lignes sur un de ces bouquins que l’on peut dire « parcourus » par moi…

Il y a quelques temps, comme Monsieur Bergeret nous lisait un article à la gloire du colonel Picquart aux pieds de la statue de Marguerite d’Angoulême, j’ai repensé à l’Heptaméron qui me parait un bon choix pour mon exercice.

N’espérons pas de miracle !

Peut-être m’objecterez-vous que ce ne pourrait être pire que si mon choix avait porté sur Grégoire de Tours, par exemple…

Eh bien ! C’est un choix qui m’a tenté un instant.

Mon souvenir de L’Histoire des Francs ?

Au début, un calcul du temps écoulé depuis la création du monde basé sur les données précises de la Bible, en particuliers sur l’âge des rois…

Si je me souviens bien, le résultat était inférieur à 6000 ans…

Des récits sur Clovis, Clotilde, Radegonde (je pensais à Frédégonde), Brunehilde non dépourvus d’intérêt historique mêlés à de nombreuses anecdotes dignes de la Légende Dorée

Radegonde...

Saint Martin

Voilà ce qu’il m’en reste, avec le souvenir d’une lecture agréable.

(Précisons que je ne l’ai pas lu en VO, latin approximatif, mais traduit en français moderne)

Tout bien pesé, il se pourrait que mon souvenir des Nouvelles de Marguerite de Navarre ne vaille guère mieux.

(à suivre)

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 11:53

Les Dieux de l'Olympe m'en sont témoins, je suis de ceux qui ne prennent pas BHL pour un Grand Homme, ni même pour un grand intellectuel, mais...

je ne suis pas d'accord avec ceux qui se gaussent parce que, se fiant aux sondages, il a cru naïvement que le résultat était acquis; les philosophes eux-mêmes peuvent être naïfs après tout et ne sont pas tenus de connaitre l'avenir mieux que le commun des mortels...

ce qui me fait sourire, c'est l'heure du TWEET, aux petites heures, c'est l'évidente précipitation, c'est le désir d'être LE PREMIER à faire SON ANALYSE et quelle analyse!...

Défaite probable du Brexit. Déroute, donc, des souverainistes, des xénophobes, des racistes. Reste, maintenant, á refonder l'Europe.

c'est la manie du TWEET, de la réaction obligatoire en temps réel qui semble avoir définitivement gagné ce qu'il est convenu d'appeler "l'élite".

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 08:10

Si on l'organisait, le résultat serait vraisemblablement à peu près le même que celui qui vient de tomber chez les Grands Bretons et qui semble sidérer tant de monde...

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 15:57

mais c'est parfaitement supportable.

Nous avons repris nos bécanes que nous avions un peu négligées ces dernières années.

Zoé se propose d'en parler--de nos vélos, de la piste cyclable du Canal et de la Rigole--, sur son blog un jour qu'elle espère prochain.

Quant à moi, je me débats avec les "monstres fantasques" générés essentiellement par le Comment parler des livres que l'on n'a pas lus? que j'ai exhumé l'autre jour de l'Enfer où je l'avais oublié.

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 16:32

Je ne sortirai pas exagérément du sujet qui m’occupe depuis quelques jours en parlant ici d’un auteur que le Bac Français 2016 vient de tirer de l’obscurité, un auteur dont on n’avait jamais tant parlé chez Assouline, un auteur que, comme chacun sait, j’aime lire, Anatole France enfin.

Beaucoup disent, à raison selon moi, que son style est suranné, que ce n’est pas de la Littérature ; certains ajoutent, à tort à mon avis, qu’il est donc souhaitable de l’oublier.

Pour ma part, je le lis pour au moins deux raisons, peut-être étrangères à la Grande Littérature mais qui ne me paraissent pas négligeables : le plaisir que cette lecture me procure et l’engagement politique de l’auteur, engagement indissociable de son œuvre à partir de l’Affaire Dreyfus.

Cela dit, la discussion chez Assouline m’amuse quelque peu.

Plusieurs fois depuis que je fréquente son blog, Assouline ayant évoqué France n’a pu s’empêcher d’ajouter « Qui lit encore Anatole France ? », remarque qui n’a suscité d’autre commentaire que celui-ci, de Lucien Bergeret « Qui lit encore Anatole France ? Moi »

Or, son dernier article, provoqué par l’événement « Bac Français » est plutôt élogieux pour l’écrivain engagé Anatole France et, curieusement, les commentaires sont bien moins souvent hors sujet qu’à l’habitude et on se prend à penser « Tiens ! Ils en ont tous lu au moins une partie ! Oh ! Sans doute pas très récemment mais plus que je n’aurais cru… »

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 06:59

Que de fois la préface du livre dont je venais d'achever la lecture—je ne lis jamais la préface avant l’œuvre-- me fit dire « Ou bien il ne l’a jamais lu ou bien sa dernière lecture remonte à une bonne vingtaine d’années » !

Cette même remarque m’était venue à l’esprit à la lecture de critiques, de gloses, œuvres souvent d’excellentes plumes, de grands esprits….

Je ne citerai pour mémoire que le Sur Racine de Barthes qui eut le bénéfique effet de me faire relire Racine à la recherche de ce que le Maitre y avait vu…

Naïf, je croyais ingénument que tout critique honnête prend la peine de lire l’œuvre dont il se prépare à parler et que, connaissant les faiblesses de la mémoire, il prend des notes.

Ainsi ferais-je si je devais parler professionnellement d’un livre…

Aussi, lorsque je tombai sur le titre Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?, crus-je avoir en main un pamphlet contre ceux que je nommais et que je nomme encore imposteurs.

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 15:15

Avant toute chose, un conseil de lecture .

une image apaisante...

une image apaisante...

M'intéressant depuis quelques jours, comme vous le savez peut-être déjà, à Comment parler des livres que l'on n'a pas lus de Pierre Bayard, me voilà, d'association d'idées en associations d'idées, poursuivi par les "monstres fantasques" que m'enfante mon esprit...

Valéry et Monsieur Teste (relire Monsieur Teste)

Musil (se décider à lire L'Homme sans qualités; relire Les Désarrois de l'élève Törless--Tiens! Où sont passés les Désarrois...? Égarés? Prêtés? Par contre, je découvre des "Oeuvres Pré-Posthumes" qui ne me disent rien...--À bien y regarder, l'étagère tout en haut à gauche contient beaucoup de "commencés, pas vraiment lus",Döblin, Musil, Joyce)

Umberto Eco ...

Graham Greene ...

Les vides de ma bibliothèque, les espaces qui attendent les absents, ceux que j'ai lu autrefois, que j'ai plus ou moins oubliés, Corneille sauf L'Illusion Comique, Brecht souvent vu au Festival d'Avignon--Vous ai-je dit que nous retournons à Avignon cette année?--, emprunté à la bibliothèque de Tunis, curieusement jamais acheté...

De Pierre Bayard à Alberto Manguel ... Une Histoire de la Lecture

J'ouvre La Cité des mots, je tombe sur Döblin, Platon, Borges...

Repos...

Repos...

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 10:33

Un événement qui me serait passé très au-dessus de la tête sans ce billet d'Assouline .

Un événement qui s'intègre bien dans mes préoccupations actuelles, Ulysses faisant parti des livres présents dans ma bibliothèque que je n'ai jamais lus; je l'ouvre périodiquement, je lis les trois ou quatre première pages avant de remonter sur le grand escabeau pour le ranger à nouveau à sa place tout en haut à gauche de la section XXème siècle de ma bibliothèque.

Un livre que je n'ai jamais lu mais dont j'ai beaucoup entendu parler, semblable en cela à une grande partie de l'humanité...

Un livre que je ne désespère pas de lire un jour...

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 07:41

Avant d’entamer le survol de l’œuvre majeure de Pierre Bayard, rappelons-en le plan :

PROLOGUE

DES MANIÈRES DE NE PAS LIRE

  1. Les livres que l’on ne connait pas
  2. Les livres que l’on a parcourus
  3. Les livres dont on a entendu parler
  4. Les livres que l’on a oubliés

DES SITUATIONS DE DISCOURS

  1. Dans la vie Mondaine
  2. Face à un professeur
  3. Face à l’écrivain
  4. Avec l’être aimé

DES CONDUITES À TENIR

  1. Ne pas avoir honte
  2. Imposer ses idées
  3. Inventer les livres
  4. Parler de soi

ÉPILOGUE

La table des abréviations utilisées dans l’ouvrage est déjà éclairante : après les habituels op.cit. et ibid. on trouve :

LI : livre inconnu

LP : livre parcouru

LE : livre évoqué

LO : livre oublié

++ : avis très positif

+: avis positif

- : avis négatif

--: avis très négatif

Vous avez déjà noté l’absence de LL pour Livre lu ; a fortiori, pas davantage de LA, livre approfondi ou de LM, Livre maitrisé…

Cela vous choque peut-être. Et pourtant…

Avant d’aller plus loin, je voudrais répondre à la question «Pourquoi ai-je acheté ce livre ? » qui s’impose à moi et à laquelle je ne suis pas sûr de pouvoir répondre. On oublie si vite… et cela doit bien remonter à trois ou quatre ans.

Si je me souviens bien, l’auteur ne m’était pas inconnu ; j’avais déjà, appâté par les titres, acheté et lu Qui a tué Roger Ackroyd ? et L’Affaire du chien des Baskerville ; je les avais lus et n’en avais pas été particulièrement satisfait, principalement de Roger Ackroyd. (Je dois ici confesser que j’ai conservé la candeur de l’enfance devant un roman policier et quand Hercule Poirot me dit que le docteur Sheppard a tué Roger Ackroyd et que le docteur Sheppard avoue son crime je ne remets en cause ni la perspicacité de l’un ni les aveux de l’autre ; Pierre Bayard remettant en cause la version officielle, généralement admise par des générations de lecteurs me portait gravement préjudice )

"Pourquoi donc l'ai-je acheté? Dites-moi!"

"Pourquoi donc l'ai-je acheté? Dites-moi!"

Le nom de la collection « Paradoxe » était un argument. Certes.

Le titre lui-même était alléchant, évidemment.

La quatrième de couverture était irrésistible :

L’étude des différentes manières de ne pas lire un livre, des situations délicates où l’on se retrouve quand il faut en parler et des moyens à mettre en œuvre pour se sortir d’affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d’avoir un échange passionnant à propos d’un livre que l’on n’a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu’un qui ne l’a pas lu non plus.

(à suivre)

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 15:41

Si j’ai finalement pensé à l’Enfer de ma bibliothèque pour retrouver le livre égaré, c’est parce que je me rappelais avec certitude que les paradoxes de Pierre Bayard conduisant logiquement à déclarer inutile, voire pernicieuse toute lecture avaient profondément choqué et même vexé le lecteur boulimique que je suis depuis toujours ; il me semblait aussi, à la réflexion, que sa relégation avait eu une cause encore plus sérieuse : le traitement réservé à Anatole France.

À la relecture des premiers chapitres, il m’apparait que France n’est pas directement maltraité par l’auteur, mais indirectement à travers le célèbre discours de réception à l’Académie de Valéry, discours en principe d’hommage à l’occupant précédent de son fauteuil, France en l’occurrence, dans lequel il parvint à ne le nommer jamais et à l’égratigner de toutes les manières—vengeance d’un ancien anti-dreyfusard, qui sait ?—

Sur Valéry, j’extrais du journal de Gide à la date du 9 Février 1907 ceci qui n’est pas sans rapport avec le propos de Pierre Bayard :

Valery ne saura jamais toute l’amitié qu’il me faut pour écouter sans éclat sa conversation. J’en sors meurtri. Hier j’ai passé avec lui près de trois heures. Plus rien, ensuite, ne restait debout dans mon esprit.
Sortant avec moi, il m’a accompagné au Bois. J’avais pris mes patins qui dormaient depuis dix ans dans une caisse et, ma foi, sur la glace, je ne les ai pas trouvés trop rouillés. Valéry ne m’a point quitté ; je souffrais à le voir m’attendre, de sorte que je n’ai presque pas patiné. Repartant avec lui, je l’ai quitté devant la porte des Charles Gide, où je suis monté prendre des nouvelles de Paul.
Et, naturellement, impossible de travailler le soir. Après une telle conversation je retrouve tout saccagé dans ma tête.
La conversation de Valéry me met dans cette affreuse alternative : ou bien trouver absurde ce qu’il dit, ou bien trouver absurde ce que je fais. S’il supprimait en réalité tout ce qu’il supprime en conversation, je n’aurais plus raison d’être. Du reste je ne discute jamais avec lui ; simplement il m’étrangle et je me débats.
Ne m’a-t-il pas déclaré hier que la musique (il en est sûr) allait devenir purement imitative ; ou mieux, une notation de plus en plus exacte de ce que la parole ne pouvait plus exprimer, mais sans plus aucun souci esthétique : un langage précis.
Il dit aussi : « Qui est-ce qui s’occupe aujourd’hui des Grecs ? Je suis convaincu que ce que nous appelons encore aujourd'hui « langues mortes » va tomber en putréfaction. Il est impossible désormais de comprendre les sentiments des héros d’Homère. Etc., etc.»
Mes pensées, après des propos de ce genre, mettent à se redresser plus longtemps que les herbes après la grêle.

Alain, le 20 Juillet 1927, sous le titre NOTRE LUCRECE écrivait :

« Valéry est notre Lucrèce. Neuf, serré, éclatant, sauvage. Seul devant la mer, qui ne dit qu’elle ; seul sous les constellations, qui ne disent qu’elles ; et suivant jusque dans ces explosions de mondes les jeux de la force nue et des essences impitoyables. Les hommes à ses pieds, ombres passagères. »

Son texte se terminait par cette allusion au discours à l’Académie :

Et je viens à penser à Anatole France, victime immolée ici par celui qui se nomme lion, mais victime qui enfin fit voir une fois ou deux l’étincelle de l’amour humain, plus précieux encore que l’espérance.

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