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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 12:50

Gueule de bois chez les Bergeret

Le Samedi 10 Janvier, j’ai dormi jusqu’à midi.

Quand je suis descendu, Charlotte reposait son bol de café au lait sur la table de la cuisine.

Comme chaque matin depuis plus de cinquante ans j’allai l’embrasser; elle me repoussa. Charlotte «faisait la gueule» ; elle boudait si vous préférez.

J’interrogeai du regard Zoé qui me répondit par la moue qui chez elle traduit la perplexité…

Quelle mouche avait piqué Charlotte pendant la nuit ? Je ne m’en inquiétais pas outre mesure, assuré de connaitre le fin mot de l’histoire avant la fin de la journée… J’allai préparer mon tidéj’. Passant derrière ma sœur occupée à préparer une liste de courses, je pus lire «ventrèche fumée ».

Moi—Pour La Poule au Pot ?

Zoé—Oui ! Je n’arrive pas à me rappeler si Mamette exigeait que la ventrèche soit fumée ou, au contraire, l’interdisait… Tu t’en souviens ?

Moi—Je me souviens d’un truc comme ça mais, fumée pas fumée, là tu m’en demandes trop. C’est pour le repas avec les voisins ?

Zoé—Oui ! J’ai eu Jean-Claude au téléphone. C’est lui qui a appelé pour s’assurer qu’il avait bien compris ton invitation… Vous étiez un peu dans le vague… Je suppose qu’ils ne valaient pas mieux… Il voulait savoir avant de partir. Ils reviennent Lundi matin par le train de nuit…. Nous avons confirmé Mardi ; ça leur va, ça me va, cette nuit ç’avait l’air de vous aller… J’ai réservé une grosse poule pour Lundi matin. J’avais raison, c’est le bon moment ; on en trouve facilement.

Moi—Lundi, ce n’est pas un peu juste ?

Zoé—C’est parfait au contraire. Lundi après-midi, je farcis et je cuis, dans un bouillon de légume judicieusement assaisonné, la volaille que j’aurai tout le temps de mettre au four Mardi. Ainsi terminera-t-elle en temps et en heure une cuisson améliorée pendant que je préparerai le « consommé » selon la recette que tu connais…

Moi—Pour le dessert ?

Zoé—Je compte sur la tarte de Charlotte…

……………………………

Charlotte sort en sifflotant.

Zoé—Bof ! Ça lui passera ! Elle nous la fera sa tarte aux prunes… Qu’est-ce qui lui prend ? Elle semblait contente hier soir ! Il s’est passé quelque chose cette nuit ?

Moi—Pas que je sache !... Hier soir, elle a avait l’air au mieux avec le voisin, mais pas de quoi fouetter un chat… et d’ailleurs je ne crois pas lui avoir fait de reproches…

Nous avons entendu partir la voiture de Charlotte. Décidément, Charlotte « tirait sa gueule ».

Mon après-midi s’est passé en « bloguenaudouillages »…

Il n’était guère question que des attentats et de la marche républicaine

Chez Edel, je découvris un critique littéraire : Philippe Lançon et un dessin de Wolinski publié le 7 en hommage discret.

Chez Assouline, c’était toujours l’article de circonstance daté du 7, titré « Nous sommes Charlie » : derrière une photo de Charb présentant, après un précédent attentat, devant les anciens locaux dévastés de Charlie la caricature incriminée, une sélection sans commentaire de dessins rendant hommage aux caricaturistes assassinés.

Des commentaires je retiendrai celui-ci qui me laissa pantois :

J’étais tellement sous le choc que je voulais écrire partout. Sur tout internet, à tous mes potes, sur tous les murs. J’aurais écrit mon soutien à Charlie jusque sur le mur des chiottes…
Et c’est un peu ce que j’ai fait, en venant ici. Vous m’excuserez : c’était l’émotion, vous dis-je.
Parce que nous sommes tous Charlie, c’est entendu, mais enfin, Clopin et moi, un tout petit peu plus que les autres, enfin il me semble.
Et puis en fait, je n’ai vraiment plus envie d’écrire sur le « mur de chiottes » que ce blog est devenu, mille excuses à son hôte que je respecte et admire toujours, m’enfin, faut de temps en temps dire la vérité. Une fois par semaine, tenez. Et sous forme de dessins d’humeur et d’humour, ça me conviendrait parfaitement.
Je file respirer dehors : ça sentira toujours moins mauvais qu’ici.

J’aurais volontiers commenté ce commentaire mais d’autres l’avaient fait avant moi et cela me parut suffisant.

La nuit commençait à tomber quand Zoé, courses faites, est rentrée ; elle posa ses achats sur la table de la cuisine avant de me rejoindre dans mon bureau.

Zoé—Charlotte n’est pas revenue ? Je n’ai pas vu sa voiture.

Moi—Je commence à m’inquiéter un tout petit peu. Je ne l’imagine pas retournant chez sa mère…J’espère qu’elle n’est pas allée à Toulouse, la circulation doit être infernale aujourd’hui. Je n’aime pas l’imaginer sur la rocade quand elle est énervée…

Zoé—Je pense plutôt qu’elle est allée marcher… Je t’ai porté un argument de réconciliation…

Zoé exhibe un magnifique bouquet de fleurs.

Moi—Tu n’as rien trouvé de plus convenu, de plus ringard ? Tu connais Charlotte ! Elle va me rire au nez !

Zoé—Décidément, tu es un crétin, mon frère ! Bon ! Je te laisse les fleurs ; tu en fais ce que tu veux !

Comme Zoé, un peu piquée, sortait de mon bureau, on entendit la voiture de Charlotte qui rentrait.

(à suivre)

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